Deuxième partie de notre roadtrip en Toscane. Tours médiévales, prairies sans fin, carrières de marbre, et randonnées le long d'une rivière turquoise ou dans les Alpes Apuanes vous attendent.
Du 24 au 29 avril 2019
6 jours
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En avril 2019, je suis partie en Toscane avec mon compagnon. Comme nous voulions surtout profiter des paysages de cette belle région d'Italie, nous avions écarté les grandes villes de notre itinéraire au profit de la campagne toscane vallonnée et de ses petits villages médiévaux.

Les premiers jours de notre voyage ont été consacrés aux territoires du Chianti et du Val d'Orcia. Les randonnées et les visites que nous y avons effectuées sont décrites dans ce carnet:

https://www.lenemooquivoyage.eu/carnet/voyage-randonnees-roadtrip-toscane-chianti-val-d-orcia

Ensuite, nous sommes partis à la découverte du Crete Senesi et du Val d'Elsa, deux autres territoires toscans. Et en remontant par après vers le nord de l'Italie, nous avons fait un détour par les Alpes Apuanes pour y contempler ses fameuses carrières de marbre.

25
avr

Le village de Buonconvento fait partie du territoire du Crete Senesi. Nous l'avons visité un soir, un peu par hasard, alors que nous étions à la recherche de pizzas à emporter.

Pendant que nous attendions notre commande, nous en avions profité pour découvrir le centre historique de Buonconvento et flâner dans ses ruelles moyenâgeuses. A l'heure du dîner, elles étaient désertes et nous prenions plaisir à découvrir ici un vieux puits, là une cour intérieure, ou plus loin, les anciens remparts et leur lourde porte d'entrée.

Le guide du Routard n'accordait qu'une étoile à Buonconvento, mais ce fut un de nos coups de cœur parmi les villes et villages toscans!

Son nom vient du latin "bonus conventus", qui signifie "heureuse assemblée". Car au Moyen-Âge, le village était un important centre d'échanges et de commerce, mais aussi une étape pour les pèlerins de la Via Francigena.

Moins connu de nos jours que le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, ce long pèlerinage de 2000 km s'effectuait (et s'effectue encore) depuis Canterbury en Angleterre jusqu'à Rome, en passant notamment par Reims, Lausanne et Sienne. En Italie, et surtout en Toscane, la Via Francigena a fait l'objet d'un grand projet de réaménagement et de communication dans le but de la rendre à nouveau connue du grand public.

Pour plus d'informations sur la Via Francigena : https://www.viefrancigene.org/fr/

27
avr
Road trip dans le Crete Senesi

Nous avions découvert Buonconvento par hasard, mais nous avions bien prévu d'explorer une partie du Crete Senesi.

Après une dernière randonnée dans le Val d'Orcia, nous devions rejoindre notre deuxième logement en Toscane, dans le Val d'Elsa. L'itinéraire le plus court consistait à rejoindre Buonconvento et prendre ensuite la SR2 vers Sienne. Mais nous aurions alors raté l'occasion d'admirer les paysages du Crete Senesi, situés plus à droite par rapport à cette route.

A Buonconvento, nous avons donc plutôt bifurqué vers Asciano.

Après un premier arrêt pour tenter de photographier "l'Abbazia di Monte Oliveto Maggiore", malheureusement cachée derrière une rangée de pins, nous nous sommes garés sur un des parkings de l'abbaye, destiné aux bus. De là, nous avions une belle vue sur le village de Chiusure, perché sur des formations d'argile grise, typiques du Crete Senesi.

Ensuite, nous nous sommes engagés sur la Strada Provinciale del Pecorile (SP60) qui passait à côté de Chiusure et de quelques belles villas. Celle de l'Agriturismo Baccoleno se situe au bout d'une longue allée sinueuse de cyprès. Elle est très photogénique et nous n'étions pas les seuls à arpenter les prairies sur le côté de la route à la recherche du meilleur point de vue.

Notre trajet s'est poursuivi en traversant le village d'Asciano puis en empruntant la SP438. Les arrêts photos furent alors très nombreux sur cette route! Le Crete Senesi au printemps était magnifique. Nous aurions pu rester des heures à contempler ses prairies ondulant au vent. Et dire qu'en hiver, la terre d'argile grise et les champs labourés lui donnent un aspect lunaire et désertique.

Au niveau du village de Taverne d'Arbia, il a malheureusement fallu quitter ces beaux paysages pour prendre l'autoroute. Nous devions poursuivre vers le Val d'Elsa.

Ce détour par le Crete Senesi a rallongé l'itinéraire de 20 km. Cela représente en principe une demi-heure de voiture, mais ce temps ne tient pas compte des pauses photos ou des visites éventuelles (notamment celle de l'abbaye https://www.monteolivetomaggiore.it/).

27
avr

Le Val d'Elsa tire son nom de la rivière Elsa qui le traverse. Sa position au nord-ouest de Sienne, et sur le passage de la Via Francigena, lui a donné une grande importance, autant religieuse que stratégique. Les tours et les fortifications abondent, ainsi que les vieilles églises et les couvents. On trouve aussi dans le Val d'Elsa de nombreuses traces de la civilisation étrusque. Elle s'y était développée vers 900 av JC avant d'être progressivement conquise par l'Empire Romain.

Le village fortifié de Monteriggioni est situé non loin de Sienne, aux portes du Val d'Elsa. Nous nous y sommes arrêtés pour découvrir ses remparts (4€/p) encore intacts depuis le 13ème siècle. C'était aussi l'occasion de flâner dans ses ruelles et ses oliveraies, une bonne glace à la main. 😋

Ensuite, il était temps de rejoindre l'appartement que nous avions loué pour deux nuits à Lecchi di Staggia. Situé sur une colline, ce petit village offrait de belles vues sur la campagne et ses habitants semblaient y vivre au rythme de la dolce vita.

Mais à part le restaurant d'un hôtel-spa quatre étoiles, on n'y trouvait aucun commerce. Ce fut donc la bonne excuse pour aller chercher - je vous laisse deviner - des pizzas à emporter! Sur les conseils laissés par notre hôte, nous avons été à la Pizzeria "Strapizzami di Sciscio Monica", dans la ville de Poggibonsi. Elles étaient tellement délicieuses que mon compagnon a voulu retourner en chercher le lendemain. Décidément, cette promesse de pizzas à tous les repas (ou presque) n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.

28
avr
Randonnée le long de l'Elsa

Le lendemain matin, nous avons effectué une randonnée aller-retour de 8 km le long de la rivière Elsa.

Le tronçon situé entre les petites villes de Gracciano dell'Elsa et Colle di Val d'Elsa est une zone protégée appelée "Parco fluviale dell'Alta Val d'Elsa". Les berges de la rivière y ont été aménagées pour les promeneurs. Mais c'est aussi un coin bien connu des pêcheurs car les poissons y sont nombreux. La température de l'Elsa restant constante et douce toute l'année, elle leur permet en effet de s'y reproduire jusqu'à trois fois par an.

Le départ de la randonnée se faisait à Gracciano, sur la Viale dei Mille, au niveau du pont enjambant l'Elsa et en face de la Via Querciolaia. La balade débutait en plein milieu urbain, mais le temps de descendre jusqu'à la rivière, de la suivre sur une centaine de mètres, et déjà nous nous trouvions dans une oasis de verdure et de tranquillité. L'Elsa, de couleur turquoise, s'y écoulait tantôt paisible, tantôt cascadant sur les rochers, parmi une végétation dense et variée.

Le sentier était quant à lui tantôt plat, tantôt aménagé en escaliers. Il parcourait des bosquets ou des prairies, longeait la rivière ou nous incitait à la traverser sur de gros rochers. De temps en temps, des panneaux didactiques nous expliquaient l'histoire du parc et le rôle joué par la rivière dans l'industrie locale. Les usines de papier, de verre et de laine étaient en effet nombreuses à l'époque le long de l'Elsa.

Le tronçon aménagé se terminait par un verger, au niveau du "Ponte di Spugna", dans la ville de Colle di Val d'Elsa. Depuis le pont, nous pouvions apercevoir la partie haute et historique de la ville, "Colle Alta", qui ne se visite qu'à pied. Elle est accessible par un escalier ou un ascenseur gratuit et, selon le Routard, ses ruelles médiévales et ses palais valent le détour.

Nous aurions donc peut-être dû l'atteindre en prolongeant la promenade par un aller-retour de 2 km, mais nous étions un peu fatigués et des orages étaient attendus en début d'après-midi. Nous avons plutôt préféré faire demi-tour pour rentrer à la voiture en longeant encore une fois l'Elsa.

28
avr

Comme prédit, il s'est mis à pleuvoir et à tonner en début d'après-midi. Mais nous étions déjà bien au sec dans l'appartement. 😀

Vers 17h, alors qu'il pleuvinait encore, nous nous sommes mis en route pour San Gimignano. Classée au patrimoine mondial de l'Unesco, cette petite ville perchée sur une colline a des origines étrusques. Elle a connu son essor au 12ème siècle puis son déclin au milieu du 14ème siècle, suite à la peste noire et à son rattachement à Florence. La ville a alors tellement peu évolué depuis qu'elle en a conservé sa muraille et son aspect médiéval.

Une fois garés en dehors des remparts, sur la Via Bagnaia, nous avons parcouru un dédale de ruelles en direction de la place principale. Nous voulions y visiter la "Torre Grossa" (9€/p). Cette tour rattachée au palais municipal est une des 72 maisons-tours que les familles nobles de San Gimignano avaient fait bâtir aux 12ème et 13ème siècles. Symboles de leurs richesses et de leur pouvoir, c'était à qui construirait la plus haute et San Gimignano avait ainsi été surnommée la ville aux belles tours (delle belle Torri).

A l'époque, elle devait donc ressembler à un petit Manhattan mais de nos jours, il ne reste plus que 14 de ces tours. Celle de Torre Grossa est la plus haute et mesure 54 mètres. Il nous a donc fallu emprunter de nombreuses volées d'escaliers pour atteindre son sommet. Mais la récompense qui nous attendait était une vue à 360° sur la ville et le Val d'Elsa, avec en prime, le soleil qui pointait le bout de son nez.

Il nous restait alors à découvrir le restant du palais municipal avant la fermeture. Il abritait notamment une salle de réunion décorée de nombreuses fresques et un petit musée de peintures italiennes. La cour du palais était ornée d’armoiries et contenait un puits datant du 14ème siècle.

Ensuite, nous avons encore un peu flâné dans San Gimignano tandis que ses musées et ses magasins fermaient. Malgré le fait qu'elle était plus grande que les villes et villages que nous avions visités jusqu'à présent, elle nous a beaucoup plu et fait partie de nos coups de cœur en Toscane.

De retour à la voiture, nous avons été chercher deux pizzas à emporter à Poggibonsi pour les déguster dans notre appartement. Elles avaient un petit goût amer car c'était les dernières que nous dégustions en Toscane.

Mais si notre séjour dans cette belle région s'achevait, notre voyage en Italie n'était quant à lui pas terminé. D'autres pizzas nous attendaient!

29
avr

Le lendemain, nous avons donc quitté Lecchi et le Val d'Elsa pour nous rendre en Ligurie, une autre région d'Italie. Nous allions randonner pendant cinq jours dans le parc des Cinque Terre.

Comme le trajet jusque là ne durait que deux heures et demi, nous en avons profité pour faire une dernière randonnée en Toscane, dans les montagnes des Alpes Apuanes.

Les Alpes Apuanes font partie de la chaîne des Apennins mais se distinguent de celle-ci par leur relief très escarpé. Leur plus haut sommet ne culmine qu'à 1946 m mais elles sont particulièrement belles avec leurs gorges et falaises abruptes.

Longtemps restées inaccessibles, ces montagnes offrent désormais de nombreuses possibilités de randonnées et sont protégées en partie par un parc régional. http://www.parcapuane.it/

Mais la grande particularité des Alpes Apuanes est qu'elles abritent les célèbres carrières de marbre blanc de Carrare (situées pour la plupart près de la ville de Carrare). Très blanches et étendues, ces carrières ressemblent à des névés pour qui observerait les montagnes depuis la côte. Exploitées depuis l'Antiquité, elles ont servi à la construction d’innombrables églises et à la réalisation de chefs-d'oeuvre italiens, comme le "David" de Michel-Ange.

Nous nous sommes arrêtés à Carrare le temps de nous acheter de la focaccia pour déjeuner. Puis, nous avons bravé les routes de montagne, couvertes de poussière blanche, et les tunnels peu éclairés pour atteindre le village de Colonnata, situé plus à l'est. C'était le point de départ de notre randonnée.

Colonnata se différenciait des autres villages toscans que nous avions visités par son aspect plus rude. Mais elle ne manquait pas de charme avec ses bancs publics en marbre et ses fabriques de lard.

Servant autrefois à nourrir les ouvriers, le lard de Colonnata est maintenant un produit de luxe. Affiné avec un subtil mélange d'herbes et d'épices, dans des vasques en marbre et dans les conditions d'humidité propres au village, il a un goût frais et délicat, parait-il.

Randonnée à Colonnata (Alpes Apuanes)

La randonnée de 7 km débutait le long de l'église, sur la place principale de Colonnata.

En suivant les marques rouges et blanches du sentier 195, nous avons traversé le village jusqu'à nous trouver face à une pente rocailleuse. Il n'y avait alors plus qu'à s'élancer sur celle-ci pour parcourir plus de 400 mètres de dénivelé et atteindre le Cima d'Uomo (960 m). Les marques étaient faciles à suivre mais soyez vigilant car à un moment, le chemin partait à gauche sans crier gare à travers une zone un peu plus boisée.


Pendant cette longue ascension, nos efforts étaient heureusement récompensés par le spectacle que nous offraient les carrières de marbre. Et comme dans tout bon spectacle, nous avions droit à l'ambiance musicale en plus. Les montagnes sont souvent associées au silence, mais en semaine, c'est loin d'être le cas pour celles de Colonnata. Je vous laisse écouter. 😀

Tous ces sons produits par les explosions et les signaux sonores des machines et des camions nous ont accompagnés jusque sur la crête. Là, c'est le sifflement du vent qui les a remplacés. Issu de la côte, et pris dans un couloir créé par les montagnes, il tentait de nous emporter si nous ne marchions pas sagement sur le côté. Mais la vue sur la mer et les carrières brillant au soleil était fantastique.

Ensuite, nous avons quitté la crête pour descendre dans la vallée voisine. Ici, pas de bruit ni de marbre blanc, mais une forêt de châtaigniers enveloppée de silence.

Le chemin 195 que nous avions suivi jusqu'à présent s'interrompait au croisement avec le chemin 38. Celui-ci arrivait du lieu-dit Foce Luccica et nous a ramenés à travers bois jusqu'à Colonnata. En chemin, nous avons rencontré le village abandonné de Case del Vergheto.

Il était 17h quand nous sommes arrivés à Colonnata. A cette heure-là, les ouvriers avaient éteint leurs machines et la vallée était redevenue silencieuse. Les habitants du village devaient sûrement être en train de savourer ce moment de répit.

Quant à nous, sur le trajet de retour vers Carrare, nous avons profité de l'absence de camions sur la route pour faire quelques arrêts et observer les carrières de plus près.

Il était temps ensuite de rejoindre notre logement dans les Cinque Terre. Nous devions quitter les Alpes Apuanes, mais à regret. Après la journée que nous avions passée, nous aurions bien aimé découvrir un peu plus ces montagnes. Ce sera peut-être pour une autre fois.