Première partie de notre voyage. Explorez avec nous la région de Yangshuo et ses pains de sucre, les rizières de Dazhai, la vieille ville de Fenghuang et la muraille de Chine du sud.
Septembre 2018
24 jours
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En septembre 2018, je suis partie avec ma famille pour un voyage de 24 jours en Chine. Notre petit groupe se composait de 7 adultes et quatre d'entre-eux n'avaient jamais été en Asie.

Amoureux de la nature, nous avons voulu privilégier les parcs naturels aux grandes villes. Cependant, la Chine est immense et offre une telle diversité de paysages que le choix des étapes ne fut pas facile. Il fallait aussi tenir compte du fait que nous ne voulions pas prendre trop de vols intérieurs, ni avoir l'impression de courir d'un site à l'autre.

Une fois l'itinéraire approuvé par tous, des dizaines d'heures de recherches sur internet ont été nécessaires pour préparer les étapes. Nous voulions en effet pouvoir nous passer de guide. Mais pour les longs déplacements à effectuer entre ces différentes étapes, nous avons jugé plus simple pour notre petit groupe de faire appel à l’agence chinoise Voyages Chine (section francophone de China Highlights). Nous leur avons demandé d’organiser des trajets en minibus ainsi que de réserver nos billets de train et les tickets d’entrée de la cité interdite. Ceux-ci sont pour l’instant uniquement réservables sur des sites en chinois et à l'aide d'une carte bancaire chinoise.

Nb : Voici le site de l'agence https://www.voyageschine.com/ Dans l'ensemble, nous en avons été satisfaits. Ils ont eu du mal à croire que nous allions nous en sortir sans guide et ont plusieurs fois tenté de rajouter quelques tours organisés dans les devis. Mais, malgré quelques arrachages de cheveux lors des échanges d'e-mails, nous sommes restés fermes et c'est donc sans guide que nous avons voyagé.

Pour les hôtels, nous les avons réservés via le site https://www.booking.com/

Faites attention toutefois à bien lire les moins bons commentaires. Il semble qu'en Chine, les faux avis sont de coutume, et lors de nos recherches, nous avons failli réserver des hôtels 10/10 avant de trouver des commentaires avertissant de punaises de lit et autres joyeusetés.

10 yuans (CNY ou RMB) = ± 1,3 € = ± 2 CAN$

La réponse est oui, et nous avons même été agréablement surpris par le pays et ses habitants.

Loin de l’image d’une Chine polluée et sale, nous avons découvert de fantastiques paysages et des kilomètres de champs et de forêts. Certes, les enfants chinois font pipi sur le trottoir et les adultes crachent parfois par terre, mais les villes et les parcs nationaux nous ont semblé propres (pour un pays d'Asie).

Et c’est sûr, les touristes chinois en Chine aiment bien se déplacer en groupe et sont bruyants, mais ils sont très amusants à observer. Ils mangent des trucs étranges à toute heure de la journée, leur style vestimentaire est décalé et ce sont de véritables addicts des smartphones et des selfies. Et quant à la réputation qu'ils sont impolis dans les files, nous avons rarement été dépassés ou poussés, et si c’était le cas, nous n’hésitions pas à faire de même. Attention cependant à ne pas voyager lors de leurs vacances annuelles (la première semaine d'octobre et lors du nouvel an chinois) car alors, c'est chacun pour soi et des heures de file en perspective.

Par contre, se faire comprendre en anglais a été difficile, même à Pékin. Nous étions toujours armés de notre plan ou d’une photo pour indiquer ce que nous voulions manger et où nous voulions aller. Le langage des mains et les dessins étaient aussi très utiles. Et quand cela ne suffisait pas, les Chinois se servaient d’applications leur permettant de traduire directement ce qu’ils écrivaient.

Voyager en Chine sans guide (mais peut-être pas sans l’aide d’une agence) est donc tout à fait possible mais nous vous conseillons de bien préparer le voyage et de vous attendre quand même à un choc culturel si vous n'avez jamais voyagé en Asie.

Et comme malgré toutes nos recherches, nous ne savions pas toujours à quoi nous attendre sur place, ces carnets se veulent donc bien détaillés afin de vous aider un maximum.

N'hésitez pas à télécharger l'application maps.me et ses cartes de Chine avant le départ. Elles sont très complètes et vous seront très utiles lors de vos balades et recherches d'hôtels ou restaurants. https://maps.me/

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2
sept

Pendant que d'autres se préparaient à la rentrée des classes, nous atterrissions à Hong Kong après un vol de nuit depuis Bruxelles. Nous avions alors 2h30 pour changer de terminal et attraper notre avion pour Guilin. Ce fut amplement suffisant car nous ne devions pas récupérer nos bagages, ni passer par le service d’immigration.

Un saut de puce en avion et nous atterrissions cette fois à Guilin, dans le sud de la Chine. L’aéroport était petit et avait grand besoin d’être rénové. Il ressemblait à un bâtiment russe de la guerre froide. C’est cool, on était directement mis dans le bain ! Nous avons passé l’immigration en y laissant toutes nos empreintes.

A la sortie, nous étions attendus par le taxi-minibus organisé par notre premier logement (pour 800 rmb). Celui-ci avait lui aussi fait la guerre. Les sièges grinçaient et rebondissaient dans tous les sens.

En slalomant sur la route avec moult coups de klaxon à chaque dépassement, nous quittions Guilin, et déjà, nous apercevions les fameuses collines en pains de sucre de cette magnifique région.

Rizières autour de Guilin

Après 1h de route, nous arrivions à Yanghsuo, dans la province du Guangxi.

Balades à vélo à Yangshuo

Certains logent dans cette ville, d'autres à Xingping, plus au nord sur la rivière Li.

Nous, nous avions choisi une école de Tai Chi dans le village de Jima, près de la rivière Yulong. Ce village est situé dans la "Yangshuo Scenic area" où seules les voitures avec permis, les scooters électriques et les vélos peuvent circuler en journée. Cela rend la zone très agréable.

Le chauffeur du minibus nous a donc déposé à l’entrée de cette zone et nous sommes montés dans la voiture de Master Kim, notre professeur de Tai Chi.

L’école est située dans de vieux bâtiments en pierre, et l’environnement est très paisible. Les chambres sont basiques mais les lits sont équipés de moustiquaires et les toilettes sont de type occidental (un détail non négligeable en Chine!). L’école propose une pension complète. C’est ce que nous avions choisi par facilité, mais après coup, cela nous aurait bien plu d’aller manger ailleurs de temps en temps.

Au programme pour l’après-midi de ce premier jour : repos.

A 18h, ce fut l’heure du dîner (on mange tôt en Chine). Puis, Master Kim nous a invité à participer à la cérémonie du thé. Il nous a fait découvrir le thé Pu-Erh qui se présente sous la forme d’une bouse de vache séchée moulée en camembert. Nous verrons plus tard à Fenghuang qu’il s’agit au départ d’un gros cylindre de thé super compacté et scié ensuite en petites rondelles.

Kim parle anglais et est une vraie pipelette quand il s’agit de parler de Tai Chi, de son école et de la Chine. Épuisés par le long voyage, nous peinions à garder les yeux ouverts et à l’écouter.

3
sept

Pour notre première matinée en Chine, nous avons suivi un cours d’initiation au Tai Chi pendant 2 heures. Il faisait chaud - 30° en moyenne- et humide. Nous transpirions à grosses gouttes malgré les mouvements calmes que notre master nous faisait exécuter. Les pauses étaient bienvenues et nous en profitions pour observer les autres étudiants occidentaux bien plus confirmés en Tai chi et séjournant à l’école plusieurs mois pour parfaire leur apprentissage.

Après un repas de midi composé de riz, d’œufs, de légumes bouillis-fris en tout genre, et de viande d’origine inconnue, le tout à partager, nous sommes partis louer des vélos à l’hôtel d’à côté (le Yangshuo Ancient Garden Boutique Hotel) pour 15 rmb/p la journée.

Aidés de l’application maps.me, nous avons d’abord rejoint la ville de Yangshuo pour faire le plein de yuans à la banque. Comparée au village tranquille de Jima, cette ville nous semblait moche et bruyante.

La chaleur y était écrasante. Ne voulant pas nous attarder, nous avons gagné un chemin aménagé le long de la rivière Yulong. En circulant parmi les champs et les rizières, avec les pains de sucre en arrière fond, nous nous dirigions vers le Yulong / Dragon Bridge.

A mi-chemin, près du village de Xiatang, des rabatteuses nous ont abordées pour nous proposer un tour en « bamboo boat » sur la rivière. Le parcours quittait ensuite la rive pour nous faire suivre une route tranquille jusqu’au fameux pont multicentenaire. Celui-ci ne vaut pas vraiment le détour si ce n’est pour observer les nombreux bateaux en attente de passagers.

Puis vite, demi-tour, il s’agissait d’arriver à temps pour le dîner à 18h !

4
sept

Au matin, deuxième cours de Tai chi. Puis, l’après-midi, vu la chaleur et la petite forme de tout le monde, nous avons décidé de lever le pied et de passer l’après-midi dans la piscine de l’hôtel d’à côté. Le personnel du Yangshuo Ancient Garden Boutique Hotel parle anglais et les bâtiments extérieurs ainsi que les jardins sont très beaux. L’accès à la piscine coûte 100 rmb / personne pour la journée. C’est cher, mais les serviettes, transats et parasols sont fournis, et ça faisait tellement du bien. Nous étions en vacances après tout !

5
sept

Dernier cours de Tai chi. Puis, ayant encore du mal avec la chaleur, nous avons décidé de louer des scooters électriques plutôt que des vélos. Tous les locaux semblaient se déplacer avec ça, donc nous allions nous y mettre aussi. Surtout que ces scooters sont équipés d’un parasol multifonction (car il sert aussi de protection contre la pluie) ! Nous en avons loués pour 50 rmb/p/jour, toujours via l’hôtel d’à côté. Seul mon beau-frère avait déjà roulé avec ce genre d’engin ; donc c’est avec un peu d’appréhension que notre groupe s'est mis en route. Mais il n’y a rien de plus simple, et après quelques heures, c’était nous qui dépassions les locaux en klaxonnant.

Notre destination du jour : Moon Hill.

Le trajet choisi nous a d’abord fait rouler sur des routes tranquilles, au pied des collines. Puis, après avoir traversé la rivière Yulong, nous avons suivi une route plus large et fréquentée, le long de laquelle se trouvent d'autres attractions telles que le Big Banyan Tree et la Watercave (cf carte du 2 septembre). L’entrée de Moon Hill fut manquée de peu car elle n’était pas très bien indiquée.

Une fois le prix d'entrée de 14 rmb/p payé, il nous restait à monter jusqu'à cette arche naturelle. Pour cela, il faut marcher dans une forêt de bambous en suivant le sentier (ou plutôt l’escalier) principal. La vue n’est pas très intéressante avant d’atteindre le sommet. Mais après 1/2h et quelques litres de transpiration, nous avons pu bénéficier d’une jolie vue sur la campagne parsemée de pains de sucre. En descendant, nous avons effectué les deux boucles annexes (Moon pavillon et Beauty dresser) indiquées sur le plan à l’entrée du site. Celles-ci permettent d’observer cette colline particulière sous différents angles.

Nous avons ensuite récupéré les scooters et, comme nous les maîtrisions mieux, nous avons décidé de nous rendre dans le centre de Yanghsuo afin de voir la fameuse rivière Li. Au fur et à mesure que nous nous approchions de la ville, la circulation se faisait plus dense et nous nous sommes retrouvés à traverser des carrefours parmi d’énormes camions et une nuée de scooters. Mais, n'ayez crainte, nous sommes arrivés sans encombre jusqu’à la rivière Li, à proximité de West Street. Le long des quais se trouvaient des échoppes de souvenirs ainsi qu'un de ces fameux pêcheurs au cormoran. Et reconnaissable à l'odeur, un vendeur de durians, ces fruits exotiques qui puent et dont on aime le goût ou pas.

Mais le charme n'agissait pas. Nous étions un peu déçus par la rivière Li. Comparée à la rivière Yulong, il s’agit plutôt d’un fleuve au charme moins bucolique. La rivière Li est peut-être plus belle en dehors de la ville mais nous devions rentrer à l’école pour être à l’heure au dîner et ne pouvions pas l'explorer plus loin. Ce détour par Yangshuo ne nous aura cependant pas laissé de mauvais souvenirs. C’était tellement grisant de circuler dans la ville !

6
sept

Après avoir passé trois jours dans la région des pains de sucre, nous avions rendez-vous à 9h avec le chauffeur fourni par VoyagesChine. Un mois avant le départ, le montant total de notre réservation avait dû être versé à l’agence, soit 5000 €. Ce n’est pas une petite somme et c’est avec soulagement que nous avons vu un minibus s’approcher avec notre nom écrit sur un carton. Ouf ! L’agence existait vraiment !

Le chauffeur ne parlait pas anglais mais il était très gentil, et son minibus était moderne et climatisé.

Nous commencions par 45 minutes de route jusqu’à la Cuiping Hill (ou Wuzhi Hill). Repérée sur internet lors de nos recherches, cette colline karstique est située près des villages de Cuiping et de Putao, un peu au milieu de nul part. Elle surplombe la rivière « Tortoise » et offre une vue fantastique sur les champs et autres pics karstiques des alentours. Un escalier (oubliez les sentiers de montagne, il n’y a que des escaliers en Chine) mène au sommet en offrant de nombreux points de vue, jusqu’à atteindre une plateforme panoramique.

L’entrée coûtait 50 rmb et la montée prend 1/2h. A 10h, nous étions les seuls fous à monter et à arriver trempés au sommet. Malgré le ciel un peu voilé, la vue était magnifique et nous aurions pu rester là des heures à observer le paysage.

C'est donc un peu à contrecœur que nous sommes descendus pour retrouver le minibus et reprendre la route. Nous quittions la région de Yangshuo où règne une certaine douceur de vivre, et nous partions maintenant en direction des « Dragon’s backbone rice fields terrasses », la région des rizières au nord de Guilin, dans la province du Guangxi. On y trouve deux villages principaux : Ping’an et Dazhai. Nous avions choisi de loger dans le dernier car il est plus éloigné dans la vallée et donc moins fréquenté par les groupes de touristes chinois.

www.longjiriceterraces.com

Après 3h de route, le chauffeur nous a déposé à la billetterie de Heping, à l’entrée de la vallée. Il ne pouvait pas aller plus loin avec le minibus. Le ticket d’entrée pour les rizières, valable 48h, coûtait 95 rmb/p ; et le minibus qu’il faut ensuite prendre jusque Dazhai, 40 rmb aller-retour. Au moment de l’achat du billet, nous avons dû fournir le nom et numéro de téléphone de l’hôtel.

C'était donc reparti pour un trajet d’1h en bus. Celui-ci circule dans une vallée de montagne, sur une route étroite et sinueuse, avec un torrent en contrebas. Le trajet est un peu chaotique et le croisement avec un autre bus se négocie en centimètres. Nous comprenions pourquoi les minibus non-attitrés ne pouvaient pas circuler ici.

Le bus nous a déposé à la gare de bus de Dazhai, au fond de la vallée. A notre grand soulagement, il y faisait moins chaud qu’à Yangshuo. L'altitude probablement. Certains sommets des rizières sont en effet à plus de 1000 m d'altitude.

L’hôtel que nous avions choisi, « Lost in Beauty Youth Hostel », se situe dans le bas du village et se rejoint facilement en 10 minutes à pied sur une route relativement plate. Le village lui-même est tout petit. On en fait le tour en quinze minutes. Il y a cependant une école, une supérette (avec des snacks occidentaux pour changer du riz et des légumes fris), et bien sûr, des restaurants et boutiques de souvenirs. Pour ceux qui auraient choisi un hôtel situé plus en hauteur, des rabatteurs sur le parking des bus vous proposent de vous y emmener en 4x4.

Une fois le check-in terminé, nous avons "déjeuné" à 15h à l’hôtel (par après, nous aurons la flemme de chercher un autre resto et nous prendrons tous nos repas là). Au menu : fried noodles, fried pork / beef, et un plat au doux nom de "Chicken spring". Rien à redire sur les premiers plats, mais pour le dernier, quelle surprise de recevoir une sorte de soupe contenant des pattes et une tête de poulet ! Beurk ! Le plus brave d’entre-nous a quand même goûté une patte et c’est parait-il un peu caoutchouteux.

Après ce repas riche en découvertes, nous sommes retournés sur le parking des bus où se trouve un téléphérique menant au point de vue "Golden Buddha Peak". Un trajet aller coûtait 55 rmb et la vue aérienne depuis la cabine est magnifique.

Une fois arrivés au point de vue, nous avons d'abord flâné sur la plateforme en observant les touristes chinoises qui se déguisaient avec le costume "local" (rose fluo avec un chapeau semblant fait d’une guirlande de Noël métallique) pour prendre un tas de poses absurdes et faire des selfies.

Nous sommes ensuite descendus à pied (en empruntant des escaliers bien sûr) à travers les rizières, afin d'observer les cultures de plus près.

Et à la fin de la balade, miracle, plus d'escaliers, mais un vrai sentier!

7
sept

Pour commencer la journée : un petit-déjeuner à base de « banana pancakes » ultra bourratifs. C’était notre premier repas occidental depuis une semaine !

Bien calés, nous pouvions partir explorer les environs.

Il y a moyen d’effectuer une balade de 4-5h jusqu’au village de Ping’an, et de rentrer en bus en prenant une première navette vers Heping, puis une seconde jusque Dazhai. Mais, nous avons plutôt décidé de randonner jusqu’aux différents points de vue autour de Dazhai : Thousand layers to heaven, Seven stars chasing the moon, et Music from paradise. Les chinois ont beaucoup d’imagination quand il s’agit de nommer les points de vue.

Ceux-ci sont indiqués et en cas de doute, nous utilisions maps.me pour nous orienter. En comptant les pauses contemplatives et les très nombreux arrêts photos, la balade nous aura pris quand même un peu plus de 4 heures. Ça grimpait pas mal (par des escaliers toujours), mais les températures étaient plus aptes à la randonnée et le paysage autour de nous en valait la peine.

En chemin, nous croisions des habitants du coin transportant toute sorte de choses sur leur dos. Et nous tentions d'éviter les femmes en tenue locale essayant de nous vendre leurs clochettes souvenirs et cartes postales.

Après la balade, nous avons passé le reste de l’après-midi sur la terrasse de l’hôtel.

Au menu du soir: le « bamboo rice » : du riz cuit dans un tronçon de bambou placé dans les flammes d’un barbecue.

8
sept

Ce jour-là, nous quittions les rizières. Nous y avions passé un jour et demi et cela nous a semblé suffisant.

Nous avions rendez-vous à Heping à 10h avec notre chauffeur. Il nous fallait donc reprendre un bus pour descendre la vallée. Oui, mais lequel ? Heureusement, il semble qu’un système ait été mis en place pour s’assurer du bon trajet de retour des touristes, car tout a été organisé pour nous : le gérant de notre auberge a appelé la billetterie de Heping pour faire monter un bus jusqu’à Dazhai, rien que pour nous, à l’heure qui nous convenait, et la billetterie lui a fourni le numéro du bus que nous devions chercher sur le parking. Mais, si le trajet aller était un peu chaotique, le retour fut digne d’un rallye. Le chauffeur semblait vouloir battre son record et dévalait la montagne en doublant les voitures dans les virages. Disons que nous étions contents d’arriver à Heping où nous attendait le chauffeur fourni par l’agence, bien meilleur conducteur.

Fenghuang

C’était parti pour 4 heures de route en direction de Fenghuang, dans la province du Hunan. Construit le long d'une rivière, le centre historique de cette "ville du phénix" a conservé son caractère d'antan, avec ses maisons en bois sur pilotis, ses remparts et ses ruelles pavées.

Tout au long du trajet, nous avons pu observer des forêts de bambous, des plantations de thé et des rizières déjà jaunies, prêtes à être moissonnées. A midi, le chauffeur a fait un arrêt pour que nous puissions manger dans un resto-route. Nous étions l’attraction du coin et les chinois nous prenaient plus ou moins discrètement en photo. A Yangshuo et Dazhai, ils semblaient plus habitués aux étrangers. Sur l’aire d’autoroute, nous trouvions aussi des sièges massants et des appareils pour se dégourdir les jambes.

Nous avons ensuite fait un arrêt à Liaojiaqiao, à 30 minutes de route de Fenghuang. On y trouve un fort et une portion restaurée de la muraille de Chine du Sud. Celle-ci date du 16ème siècle et s’étire sur 191 km. C’est plus long que la moitié de la Belgique!. Elle a été construite pour protéger Fenghuang des invasions de l’ethnie Miao. L’entrée coûtait 45 rmb/p et la visite nous a pris un peu plus d’une heure. Il y avait peu de monde, beaucoup d’escaliers et une vue sympa sur la vallée.

Avant de nous remettre en route, nous avons observé les agriculteurs du coin en train de moissonner les champs de riz. L'un deux était heureux de nous présenter sa moissonneuse-batteuse en bois.

Puis, direction Fenghuang. Notre hôtel (Future Inn Valley) se trouvait dans la vieille ville non accessible aux voitures. Le chauffeur nous a donc déposé sur un gros boulevard et nous avons rejoint l’hôtel à pied.

Après le check-in, nous nous sommes baladés dans les ruelles, de part et d’autre des remparts, afin d’observer la rivière Tuli, les « stepping stones » et le pont couvert. Il faisait déjà sombre et les bâtiments étaient éclairés de néons multicolores. Les rues très animées étaient remplies de touristes chinois et jalonnées de boutiques de souvenirs et de snacks. Certains dégageaient une odeur âcre et repoussante.

Et un peu partout, des restaurants où la viande encore vivante était exposée en vitrine et sur la rue, dans un état sanitaire très douteux : des énormes poissons sur le dos en manque d’oxygène dans leur aquarium, des ragondins en stress rongeant les barreaux de leur cage, des serpents, des larves et des oiseaux se tapant la tête sur le grillage, un couteau de boucher et un socle ensanglantés à côté sur le trottoir. Un peu dégoûtés, et en manque de cuisine occidentale, nous avons dîné au KFC, en espérant que les normes de bien-être animal et d’hygiène étaient mieux respectés dans les abattoirs chinois que sur la rue. Les hamburgers de poulet du KFC étaient épicés avec du gingembre mais nous étions contents de ce court retour dans le monde occidental.

9
sept

Nous avions seulement rendez-vous avec le chauffeur à 10h. Alors, dès 8h, nous voulions en profiter pour visiter à la lumière du jour les mêmes ruelles que la veille.

Nous pensions trouver une ville paisible, mais que neni ! Il y avait autant de monde qu’au soir.

Au hasard des ruelles, nous en prenions à nouveau plein les yeux : la muraille et ses tours centenaires datant de la dynastie Qing, les barques sur la rivière Tuli, les ponts et les maisons en pilotis, les marchants ambulants, les machines-à-laver des hôtels à même la rue, les touristes chinois déguisés, d’autres qui se pressaient sur les stepping stones, d’autres encore qui dessinaient dans un coin, … C’est sûr, Fenghuang est la ville qui nous a le plus plongés dans la culture chinoise.

Il était temps ensuite de retourner à l’hôtel pour faire connaissance avec un nouveau chauffeur (moins sympa celui-là), et nous étions en route vers le village Miao de Dehang, situé dans une jolie vallée encaissée, toujours dans la province du Hunan.

Pour la suite, c'est ici :

https://www.lenemooquivoyage.eu/carnet/voyage-chine-dehang-zhangjiajie-tianmen