Dernière partie de notre voyage. Nous explorons maintenant le Sichuan. Au programme : Chengdu et ses pandas, la bamboo sea de Shunan Zhuhai, les bouddhas de Leshan, et la montagne sacrée d'Emeishan.
Septembre 2018
24 jours
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En septembre 2018, je suis partie avec ma famille pour un voyage de 24 jours en Chine. Notre petit groupe se composait de sept adultes et quatre d'entre-eux n'avaient jamais été en Asie. Amoureux de la nature, nous avons privilégié les parcs naturels aux grandes villes. Le voyage s'est effectué sans guide mais un minibus avec chauffeur avait été prévu pour faciliter une partie de nos déplacements.

Le voyage a débuté par le Sud de la Chine.


Un premier carnet relate nos aventures dans la région de Yangshuo, dans les rizières de Dazhai, puis dans la ville de Fenghuang et sur la muraille de Chine du Sud. Il aborde aussi le choix de l'itinéraire et nos impressions sur la Chine.

https://www.lenemooquivoyage.eu/carnet/voyage-en-chine-yangshuo-dazhai-fenghuang

Le deuxième carnet concerne aussi le Sud de la Chine. Notre itinéraire nous a conduits dans la vallée Miao de Dehang, dans le parc de Zhangjiajie et au sommet du mont Tianmen.

https://www.lenemooquivoyage.eu/carnet/voyage-chine-dehang-zhangjiajie-tianmen

Nous avons ensuite quitté le Sud de la Chine pour Pékin et la Grande Muraille. Le troisième carnet décrit notre découverte de la capitale et notre randonnée sur la muraille, entre Jiankou et Mutianyu.

https://www.lenemooquivoyage.eu/carnet/voyage-en-chine-pekin-grande-muraille-jiankou-mutianyu

Direction ensuite le centre de la Chine. Le quatrième carnet relate notre balade au sommet du mont Huashan et nos impressions sur l'Armée de Terracota et les Bains impériaux de Huaqing.

https://www.lenemooquivoyage.eu/carnet/voyage-en-chine-huashan-huaqing-hot-springs-armee-de-terracota-army

10 yuans (CNY ou RMB) = ± 1,3 € = ± 2 CAN$

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20
sept

Nous sommes arrivés à la gare de "Chengdu Est" vers 15h. L'hôtel que nous avions choisi, le Rayfont Hotel Apartment Chengdu, était situé juste à côté. Ainsi, nous pouvions rapidement déposer nos affaires et partir visiter la ville tant qu'il faisait encore jour.

Après tout ce temps passé dans les trains, nous avons voulu commencer les visites par le "People's Park" (gratuit). Le métro nous y a emmené en 30 minutes. Tout en sillonnant les allées du parc, nous pouvions observer les habitants du coin venus s'y retrouver pour jouer aux cartes, boire du thé, danser, faire du sport ou se reposer.

Après la visite du parc, nous nous sommes dirigés vers les rues piétonnes de "Kuan Zhai Xiangzi" (Wide and Narrow Alleys). Ces vieilles ruelles restaurées sont l'équivalent des Hutongs de Pékin. Très touristiques, on y trouvait bien sûr des boutiques de souvenirs, des bars (proposant des bières belges!), des vendeurs de snacks et des restaurants. Mais les vieilles maisons de thé, les murs de pierre illustrant une autre époque, les toits en bois, les nettoyeurs d'oreille, les vendeurs ambulants et les vélos chargés de récolter les cartons conféraient à ces rues un certain charme.

En retournant vers le parc, nous avons découvert le long du boulevard "Xiaonan" une boulangerie proposant à la fois des viennoiseries occidentales et des pâtisseries chinoises. Comme le "Mid-autumn festival" approchait, une grande variété de "Moon cakes" (ou "Love cakes") était présentée. Selon la tradition, ces petits gâteaux, farcis avec des ingrédients sucrés ou salés, sont partagés en famille lors de ce festival. Afin de pouvoir se réunir, les Chinois ont donc congé ce jour-là. La date du festival varie d'année en année, mais en général, il a lieu en septembre, au moment de la pleine lune du 8ème mois lunaire.

Pour nous mettre nous aussi dans l'esprit du festival, nous avons donc acheté quelques "moon cakes" pour le petit déjeuner du lendemain. Disons que certains auront un goût surprenant.

Direction ensuite le restaurant "Wuming Hot Pot" (242, Wuhouci Lu), recommandé par le Routard. Nous voulions y déguster une fondue sichuanaise. Il s'agit d'un bouillon plus ou moins épicé et très chaud, dans lequel se plongent des légumes et des morceaux de viande. Dans notre cas, les amateurs de piment et de poivre du Sichuan pouvaient plonger les ingrédients de leur choix dans la moitié de la marmite. Les autres profitaient plus prudemment de l'autre moitié, assaisonnée par des champignons, des jujubes et des baies de Goji.

21
sept

Nous nous sommes levés de bonne heure ce jour-là car nous avions rendez-vous à 7h avec un nouveau chauffeur fourni par l'agence. Pour une fois, il parlait anglais! Travaillant dans l'hôtellerie, Sean (comme il se faisait appeler) était chauffeur à ses heures perdues et il remplaçait le conducteur initialement prévu. Ce dernier avait peut-être préféré rejoindre sa famille pour le "Mid-Autumn festival", et c'est tant mieux car Sean et son anglais nous sauvera le soir même d'une bien mauvaise situation.

Mais d'abord, il nous a conduits au nord de Chengdu, jusqu'à la "Giant Panda Breeding Research Base", où nous voulions observer des pandas de plus près (58 rmb/p).

Les pandas vivent en altitude, dans les forêts des régions montagneuses. Suite à la déforestation, leur population s'est réduite à quelques 2000 individus qui sont désormais protégés par des réserves naturelles, au Sichuan, Gansu et Shaanxi. La base de recherche de Chengdu étudie la reproduction assez complexe de ces animaux, dans le but de pouvoir réintroduire, dans ces réserves, des pandas nés en captivité. Pour le plus grand bonheur des visiteurs, des pandas de tout âge peuvent donc être observés au sein de ce centre (qui ressemblait plus à un zoo).

Nous voulions y être à l'ouverture (7h30), car à cette heure-là, les pandas étaient nourris et surtout, la nursery qui abritait les bébés pandas n'était pas encore prise d'assaut par les touristes chinois. A peine nos billets achetés, nous avons donc presque couru jusque là.

Les femelles pandas donnent souvent naissance à des jumeaux, mais choisissent de n'en nourrir qu'un et d'abandonner l'autre. Nourrir un petit lui demande en effet beaucoup d'énergie. De 100 g à la naissance (il est aussi petit qu'un hamster!), il devra atteindre 100 kg à l'âge adulte. Dans la nursery, les soigneurs ont donc la chance de pouvoir s'occuper des bébés pandas abandonnés et de leur faire des câlins toute la journée. Nous, nous avons juste pu les observer dormir derrière une vitre, mais ils étaient tout de même très mignons à regarder. Le temps de prendre quelques photos et déjà, nous entendions les groupes arriver. Il était temps de visiter le reste du parc, mais à notre aise cette fois-ci.

Direction l'enclos des pandas roux.

Ensuite, nous avons été voir les pandas adultes. Devenus asociaux avec l'âge, ils avaient chacun leur enclos. Nous avions de la chance ; comme il ne pleuvait pas et qu'il ne faisait pas trop chaud, ils étaient tous dehors, occupés à s'empiffrer de bambous. Sachant que le système digestif du panda n'est pas adapté à une alimentation herbivore, mais que cet animal persiste à ne manger que des végétaux, il doit passer la moitié de sa journée à engouffrer une trentaine de kilos de bambous pour subvenir à ses besoins. Et pour ce faire, chacun avait sa technique : assis ou couché, un ou deux bambous à la fois, enfoui sous une pile de bambous ou pas ; ils étaient tous très amusants à observer.

Dans l'enclos des ados, ça se baladait plus que ça ne mangeait. Et ailleurs, c'était parfois déjà l'heure de la sieste. Mais quel que soit l'enclos, nous ne pouvions pas nous empêcher de rester plusieurs minutes devant en poussant des "Ooooh, trop mignons", "Ooooh, trop drôles", "Ooooh, trop choupinous". Heureusement que l'enclos des bébés pandas en âge de sortir dehors n'était pas accessible ce jour-là, sinon nous n'aurions jamais quitté le parc.

Par endroits, des panneaux didactiques et des vidéos (en anglais) expliquaient le fonctionnement du parc et le mode de vie des pandas.

Le temps est vite passé avec tout ça. A midi, nous étions toujours dans le parc, alors nous avons été manger dans un des restaurants. Ensuite, petit tour par les boutiques de souvenirs, et à 13h, nous retrouvions notre chauffeur.

Nous quittions alors Chengdu pour la "Bamboo Sea de Shunan Zhuhai", au sud du Sichuan.

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Carte du Sichuan

Au départ, nous voulions visiter le nord du Sichuan, avec les parcs de Jiuzhaigou et de Huanglong. Mais un grave tremblement de terre en 2017, suivi par des glissements de terrain au printemps 2018, avaient rendu le parc de Jiuzhaigou peu accessible aux visiteurs. Nous nous étions donc rabattus sur le sud, en prévoyant de visiter deux grands classiques: Leshan et Emeishan. Mais tout en bas, sur la carte du Lonely Planet, la "Bamboo sea" nous intriguait. Elle avait donc été inclue dans l'itinéraire, et heureusement, car ce fut la plus belle découverte du voyage!

Mais préparer notre séjour dans la "Bamboo sea" n'a pas été simple. Bien que le Lonely Planet lui consacrait une page, les articles de blogs et les avis de voyageurs concernant ce lieu manquaient cruellement. Et sur Booking, les quelques hôtels qui n'affichaient pas "Chinese citizens only" manquaient d'avis également. Cette partie du voyage s'annonçait donc plus aventureuse.

La forêt de bambous de Shunan Zhuhai s'étend sur une superficie de 120 km carrés et couvre une chaîne de petites montagnes. On y trouve plusieurs dizaines d'espèces de bambous, mais aussi des lacs, des cascades, et des temples accrochés aux falaises. La "Bamboo Sea" fait partie des "National scenic spots" et a été rendue célèbre grâce au film "Tigre et dragon" en 2000.

Le trajet depuis Chengdu jusqu'à l'entrée Ouest de la "Bamboo sea" a pris un peu plus de quatre heures. C'était là que s'achetaient les billets d'entrée (110 rmb /p).

Le chauffeur devait ensuite nous conduire à l'intérieur de la forêt, où se trouvait notre hôtel. Mais c'est là que les choses ne se sont pas passées comme prévues. Le bâtiment situé à l'adresse indiquée par Booking semblait abandonné. En en faisant le tour, nous avons rencontré deux femmes qui ont expliqué à notre chauffeur, devenu interprète, qu'elles tenaient bien un hôtel à cet endroit, mais plus depuis un an... N'ayant plus de licence, elles ne pouvaient pas non plus nous loger pour la nuit.

Carte de la Bamboo sea

Nous étions un peu sous le choc car la réservation avait pourtant été faite et confirmée à peine quelques mois plus tôt. De plus, il faisait déjà noir et nous étions dans une forêt où peu d'hôtels acceptaient les étrangers. Mais Sean, notre chauffeur / interprète / héros du jour a alors passé quelques coups de fil et nous a déniché un hôtel qui acceptait de nous héberger, du côté de l'entrée Est.

Cet hôtel avait vu des jours meilleurs et la propreté laissait à désirer, mais l'accueil était chaleureux, l'environnement était calme et surtout, nous pouvions y passer la nuit. Au dîner, nous avons rendu les propriétaires très heureux en goûtant la spécialité locale : du bambou aux champignons de bambou.

Ne vous inquiétez pas si le gérant de l'hôtel semble s'enfuir en moto avec vos passeports. Il doit aller vous enregistrer auprès des gardes à l'entrée de la "Bamboo sea" et il vous rendra vos documents juste après.

22
sept

Notre hôtel se trouvant juste à côté du "Qinglong Lake" (cf carte ci-dessus), nous avons commencé la journée en petit-déjeunant avec quelques biscuits au bord du lac. A 8h du matin, il n'y avait que nous, les oiseaux qui se répondaient et une légère brume sur le lac. L'ambiance était magique.

Des chaises renversées et cassées dans la buvette "fantôme" d'un embarcadère, des barques en bambous qui semblaient avoir été oubliées là, et l'absence d'autres touristes nous donnaient l'impression que la "Bamboo sea" avait autrefois connu son moment de gloire, mais qu'elle n'attirait désormais plus grand monde. Notre chauffeur nous fera remarquer plus tard que les Chinois n'ont pas de raison de visiter une forêt de bambous alors qu'ils en ont plein dans leurs parcs et jardins. Comme vous allez le voir, ils ont bien tort!

Vers 9h, Sean nous a conduits un peu plus loin, jusqu'à la "Colourful Waterfall", une succession de quatre cascades de 30, 15, 50 et 74 mètres de haut. A notre arrivée, la troisième se cachait dans la brume, mais elle s'est rapidement dévoilée à nos yeux émerveillés. A notre droite, des escaliers taillés dans la roche rouge semblaient mener à un point de vue au pied de cette cascade. Sur le chemin humide, entourés par une végétation luxuriante, nous nous sommes rapidement pris pour des Indiana Jones!

Plus bas, un chemin partait vers la droite au niveau d'un petit pavillon et permettait en principe d'accéder au point de vue. Mais il était malheureusement inaccessible ce jour-là. En continuant tout droit, les escaliers nous faisaient remonter le long de la troisième cascade, à nouveau cachée par les nuages, avant de nous mener au pied de la deuxième chute.

Le chemin se poursuivait vers la première cascade. Un bac permettait de traverser le bassin dans lequel elle se jetait. Nous ne l'avons pas testé, préférant poursuivre la balade vers le "Bagua square". Le Bagua est un art taoïste très semblable au Tai chi mais pratiqué de manière plus énergique et en cercle. Les touristes initiés au Bagua pouvaient donc répéter leurs mouvements sur cette place, au son des cascades et du bruissement des feuilles de bambou.

Depuis le square, nous pouvions soit retourner à notre point de départ, soit nous diriger vers un ensemble de temples et d'échoppes. Curieux, nous avons choisi la deuxième option qui offrait quelques statues intéressantes ainsi qu'une jolie vue sur la première cascade et son bassin.

Nous avons ensuite retrouvé notre chauffeur pour qu'il nous conduise à la "Xianyu / Tianbao Cave". Celle-ci consistait en une enfilade de temples, en partie creusés dans les falaises et en partie accrochés à celles-ci. Les statues colorées de divinités, de Bouddha et de ses disciples contrastaient avec le rouge des falaises et attiraient le regard. Mais la forêt de bambous et la vallée qui s'étendaient en-dessous étaient tout aussi belles.

Pour atteindre ces temples, il fallait effectuer une courte promenade dans la forêt de bambous, franchir un cours d'eau et s'enfoncer dans les falaises par une volée d'escaliers. En chemin, nous sommes passés à côté de l'entrée d'un téléphérique permettant de franchir un canyon. Pour ceux qui auraient eu une petite faim, des vendeurs ambulants exposaient des plantes étranges dans des paniers posés à même le sol.

Après les temples, le chemin se poursuivait par des tunnels et le long des falaises. Celles-ci étaient ornées de gravures assez récentes et représentant des scènes historiques. Mais la mousse verte qui les recouvrait leur donnait un air plus ancien et mystérieux. A nouveau, nous nous prenions pour des explorateurs découvrant des trésors cachés au fond de la jungle. Ce sentiment était renforcé par le fait qu'à l'exception de quelques vendeurs de champignons séchés, nous étions seuls. Pas un seul touriste chinois à l'horizon!

Le chemin finissait par bifurquer. Il était possible de poursuivre le long des falaises ou de grimper quelques volées d'escaliers pour retourner au point de départ. Nous avons dû choisir les escaliers afin de rejoindre le chauffeur et aller déjeuner. Non loin d'un "Lake in the sea" se trouvaient un grand parking et plusieurs restaurants. Parmi ceux-ci, notre chauffeur nous a incités à en choisir un qui contenait à peine trois tables mais qui proposait des plats simples et délicieux. Les enfants du propriétaire s'amusaient de nos efforts pour manger nos nouilles (au bambou, bien sûr) avec des baguettes (en bambou).

Après le repas, nous nous sommes dirigés vers l'"Emerald Gallery", une portion de route pavée avec la pierre rouge de la région et contrastant joliment avec la forêt de bambous.

Un petit sentier s'en échappait et menait à des bambous dorés dont le tronc était particulier. Des échoppes de nourriture et de souvenirs étaient disposées le long du chemin. Dans certaines d'entre elles, nous pouvions observer les artisans à l'oeuvre.

Ensuite, direction la "Wangyou Valley" pour la dernière visite de la journée. Dans cette petite vallée remplie de bambous s'écoulait un cours d'eau tantôt paisible, tantôt cascadant sur des rochers. Un panneau à l'entrée indiquait aux visiteurs que "marcher dans la vallée tout en observant la lumière du soleil filtrer à travers les bambous ondulant au vent, et tout en écoutant le bruit du cours d'eau, leur ferait temporairement oublier la morosité de la vie". Et bien, ce panneau ne mentait pas!

Nous avons terminé d'explorer la jolie vallée de Wangyou vers 17h. Il était temps alors de quitter la "Bamboo sea de Shunan Zhuhai" et de rejoindre la petite ville de "Leshan", à trois heures de route vers le nord-ouest.

Nous y sommes arrivés vers 20h. Notre chauffeur, qui avait découvert la "Bamboo sea" pour la première fois, connaissait bien Leshan par contre. Il nous a emmenés dans le restaurant "Deng Qian Fan Diang" (Binjiang road - South section), avant de nous déposer à notre hôtel, le "Peace Inn, The Leshan Giant Buddha Branch". Cette fois, il avait voulu téléphoner avant, pour s'assurer que l'hôtel existait bien. 😀

23
sept
Carte de Leshan

Nous étions arrivés la veille à Leshan car nous voulions voir de plus près sa statue de Bouddha géant. Classée à l'Unesco, celle-ci fait 71 m de haut et a plus de 1200 ans. Elle a été taillée dans la falaise qui surplombait le confluent de deux rivières, dans le but de protéger les bateaux des dangereux courants qui s'y créaient.

La statue, ainsi que "l'Oriental Buddhist park" , divers temples, monastères et pavillons, font partie de la "Leshan Giant Buddha Scenic Area". Elle est située de l'autre côté de la rivière par rapport à la ville de Leshan.

Pour plus de facilité, nous avions donc choisi un hôtel situé sur la même rive, et nous permettant d'accéder au Bouddha en 20 minutes à pied. Nous avions eu l'intention d'être à l'entrée Nord du parc à l'ouverture (7h30), mais ce jour-là, le réveil fut difficile et ce n'est que vers 8h30 que nous avons quitté l'hôtel. Après achat de nos billets (80 rmb/p) au "Tourist center", nous avons marché sur un large trottoir le long de la rivière, en direction de la "North Gate" (où pouvaient aussi s'acheter les tickets d'entrée). Sur la rive opposée, Leshan se cachait dans la brume.

A peine arrivés dans la "scenic area", nous nous sommes directement dirigés vers le Bouddha géant, de peur qu'une trop grande foule nous empêche ensuite d'accéder à ses pieds. Impossible de le manquer en tout cas. Rien que ses oreilles mesuraient 7 m de haut.

Après avoir examiné sa tête sous toutes les coutures, nous avons entrepris de descendre le long de la falaise pour pouvoir observer le Bouddha dans son ensemble. Comme il y avait déjà du monde, la descente nous a pris 30 minutes. Mais nous avions de la chance, car en cas de plus forte affluence, cela peut parfois prendre plusieurs heures.

Descendre aussi lentement avait ses avantages. C'était l'occasion d'examiner le système de drainage mis en place à l'époque dans la statue et qui l'a préservée jusqu'à aujourd'hui. Le spectacle était aussi dans la falaise, qui abritait diverses statues ; et sur la rivière, où des bateaux allaient et venaient, chargés de touristes venus contempler le Bouddha depuis l'eau.

Après avoir pu constater que le Bouddha de Leshan avait aussi d'immenses pieds, il fallait remonter via un tunnel et d'autres escaliers taillés dans la falaise.

Ensuite, il était temps de commencer l'exploration de "l'Oriental Buddhist Park" (80 rmb/p à payer en supplément). Quelques blogueurs recommandaient de ne pas passer à côté de cette section de la "scenic area" car elle était jolie et moins fréquentée par les touristes. Nous avons donc suivi leurs conseils et à notre tour, nous vous incitons à la visiter. C'était un havre de paix et sa découverte nous a plus enchantée que celle du Bouddha géant.

Créé en 1994, "l'Oriental Buddhist Park" abrite plus de 3000 statues de Bouddhas. Un grand nombre d'entre elles ont été taillées dans des grottes et mises en scène par des jeux de lumière.

D'autres avaient été placées dehors et soumises aux conditions humides de Leshan. Cela leur avait donné un air plus ancien.

Après "l'Oriental Buddhist Park" , nous voulions encore voir le "Haoshang bridge", le "Mahao Cave Tombs Museum" et le "Fishing village".

Le "Haoshang Bridge", un pont joliment décoré, menait à une île sur laquelle se trouvait un monastère, le "Wuyou Monastery". Comme nous avions vu assez de statues de Bouddhas et de divinités pour le restant de l'année, nous avons préféré ne pas le visiter.

Situé juste à côté du pont, le "Mahao Cave Tombs Museum" abritait des tombeaux creusés dans la falaise et ornés de gravures murales. Typiques de la région, ils dataient de la dynastie Han (200 av JC - 200 ap JC). Les objets qu'ils avaient contenus étaient exposés en vitrine. Chiens de garde, chevaux, animaux d'élevage, maisonnettes, vaisselle, danseurs et musiciens en terre cuite devaient permettre aux morts d'avoir une vie convenable dans l'au-delà.

Le "Fishing village" était, quant à lui, un village de pêcheur transformé en une enfilade de restaurants et de boutiques de souvenirs. Salamandres, anguilles, tortues, écrevisses et poissons fraîchement pêchés attendaient leur sort dans des bassines à l'entrée. Mais nous avons préféré manger des nouilles dans un petit restaurant juste à côté du pont.

Ensuite, nous sommes retournés vers l'hôtel en prenant le temps cette fois-ci de flâner le long de la rivière et d'observer les beaux bâtiments du "Tourist center". C'est là que nous avons découvert un distributeur de papier toilette à reconnaissance faciale... Ils sont fous ces Chinois!

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Emeishan, Baoguo et le mont Emei

A 16h, nous étions de retour à l'hôtel pour récupérer nos sacs et retrouver le chauffeur. C'était parti pour 45 minutes de route en direction de la ville d'Emeishan et du quartier de Baoguo, où se situait notre hôtel, le "Quiet Boutique Hotel".

24
sept

Le quartier de Baoguo est situé au pied du mont Emei. Sacré pour les Bouddhistes et classé à l'Unesco, il culmine à 3099 m. Ses pentes sont couvertes de forêts où se cachent de nombreux monastères et des singes chapardeurs. Les pèlerins et les touristes courageux peuvent emprunter de multiples escaliers pour atteindre le sommet en une dizaine d'heures. Si le temps le permet, ils y sont alors récompensés par une magnifique vue sur la plaine du Sichuan ou sur une mer de nuages.

Nos genoux nous ayant suppliés de ne pas leur faire subir autant d'escaliers, c'est grâce au système de bus et de téléphérique que nous allions rejoindre le sommet. Et au vu de la météo pluvieuse de ce jour-là, les chances d'avoir une belle vue étaient faibles.

La station de bus était située à Baoguo, sur le boulevard principal. Mais son entrée n'était pas simple à trouver et nous avons failli passer à côté. Les bus étaient en effet cachés dans une grande cour, à l'arrière des restaurants et des hôtels, Nous y avons acheté nos billets pour le mont Emei (160 rmb/p), ainsi que des tickets de bus pour la station de "Leidongping" (90 rmb/p A-R), la plus proche du sommet. Le trajet jusque là a pris plus d'une heure et le chauffeur s'est arrêté à mi-chemin pendant 10 minutes pour que les touristes Chinois puissent faire le plein de snacks dans une petite échoppe.

Une fois arrivés à la station de Leidongping, il fallait marcher 30 minutes pour atteindre le téléphérique (65 rmb/p aller, 55 rmb/p retour). C'était l'occasion de croiser des singes à l'épaisse fourrure et au gabarit imposant. Il s'agissait de macaques tibétains. Les touristes Chinois ne pouvaient pas s'empêcher de leur donner à manger et de se prendre en photo à côté. Nous avons préféré rester à distance.

Le trajet en téléphérique n'a pas duré bien longtemps. Pas assez en tout cas que pour nous emmener au-dessus des nuages. Le sommet était plongé dans le brouillard. Mais ses temples et ses statues dorées étaient là pour nous rappeler que nous étions bien sur le "Golden Summit" du mont Emei.

Nous ne nous sommes pas trop attardés. Après avoir repris le téléphérique pour retourner à la station de Leidongping, nous avons pris un bus qui allait vers Baoguo en passant par la station de "Wuxiangang". Seulement, le chauffeur n'a pas fait le détour jusque là et il nous a laissés à une intersection, à proximité d'un hôtel. Un minibus privé proposait alors de conduire les touristes jusqu'à Wuxiangang, mais nous avons préféré marcher le long de la route. Pourtant, il y a bien des bus qui font le détour jusque Wuxiangang car nous nous sommes faits dépasser quelques minutes plus tard par l'un deux...

Arrivés à la station, des touristes revenant de leur balade nous ont offert des bâtons en bambou. C'est que nous allions nous promener vers une zone où les macaques étaient nombreux et parfois un peu agressifs. Ils sont en effet habitués à recevoir de la nourriture des touristes, et n'hésitent pas à leur sauter dessus s'ils n'en acquièrent pas assez vite à leur goût. Armés de nos bâtons, nous allions donc pouvoir explorer une jolie vallée sans trop risquer de nous faire voler nos affaires par des singes mal élevés.

La balade nous a d'abord menés jusqu'au pavillon "Qingyin", situé au carrefour de plusieurs chemins : celui par lequel nous étions arrivés, un autre qui permettait de descendre vers Baoguo, un troisième qui rejoignait le sommet via le "Wannian Temple", et un quatrième qui le gagnait via le "Xianfeng Temple" et la "Joking Monkey zone". Nous avons poursuivi la balade par ce dernier.

Plus loin, des panneaux nous ont avertis que nous entrions dans la "monkey zone". Celle-ci était aménagée avec des ponts suspendus et des petits pavillons. Mais la plupart d'entre eux n'étaient pas accessibles ce jour-là. Était-ce pour ça que nous ne voyions pas de singes? Ou étaient-ils plus loin? Nous ne le saurons pas car il était temps de faire demi-tour et de retourner à Wuxiangang pour ne pas rater les derniers bus à 17h.

De retour à Baoguo, nous avons été dîner au "Teddy Bear Hostel". Nous y avions aussi mangé la veille. Les frites étaient bonnes, mais leurs plats Chinois étaient délicieux. Et en guise de dessert, nous avons eu droit à une visite guidée des chambres par le patron, perturbé par la fait que des occidentaux n'avaient pas choisi de dormir dans son hôtel.

25
sept

Pour notre dernier jour en Chine, notre chauffeur nous a reconduits jusqu'à Chengdu pour une journée de shopping et de repos avant notre vol de retour le lendemain. Depuis le "rooftop" de notre hôtel, le "Xishu Garden Inn", nous avons eu droit à un petit aperçu du vieux Chengdu, caché derrière les gratte-ciels.

A l’accueil, une carte du Sichuan et des publicités pour des hôtels situés plus à l'Ouest, dans les hauts-plateaux à l'influence tibétaine, nous faisaient regretter notre départ. Après 24 jours à voyager en Chine, nous n'avions vu qu'une infime partie de ce magnifique pays. Nous allions devoir y retourner, c'était certain.